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27-ème Session ordinaire du Conseil des ministres de tutelle de la CIPRES

Le ministre Samba SY, au sortir de la 27-ème Session ordinaire  du Conseil des ministres de tutelle de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale  (CIPRES) qui s’est tenue récemment au Togo, tire un bilan satisfaisant de l’exercice du Sénégal à la tête de l’organisation. Évoquant les chantiers à venir, Monsieur le minister a salué les efforts consentis et indiqué que beacoup reste à faire surtout en matière de protection sociale et de protection des droits des travailleurs africains. Entretien.                                    

Vous venez de passer le témoin à la présidence de la CIPRES, pouvez-vous revenir sur le bilan de votre mandat ?

A l’épreuve, je me rends compte de la volonté réaffirmée des pays qui composent la CIPRES d’aller de l’avant dans le cadre de la mutualisation des efforts et de la concrétisation d’un projet qui nous vient globalement d’assez loin. Il s’agit d’une œuvre commune de construction de la protection sociale sur une aire géographique, en mutualisant des efforts, en mutualisant des intelligences, en mutualisant également des initiatives.

Pour retenir parmi tout cela, ce qu’il y a de mieux aux fins d’avancer dans le cadre de la protection sociale. Puisque nous sommes d’horizons globalement divers, il n’est pas facile évidemment de formaliser le tout, mais nous avons beaucoup avancé dans le cadre, par exemple, du FIA (Fond d’Investissement Africain), une sorte de protection sociale qui irradierait au-delà du pays toute une sous-région.  C’est une sorte de mutualisation et je crois que c’est important cette initiative-là.     

Mais également, il y a que nous avons avancé dans la construction d’une demeure de la CIPRES.  Nous avons un bâtiment à quatre étages tout à fait majestueux. Nous en sommes à la dernière étape, celle des finitions, les portes ont été apposées, la devanture. Et le fait d’avoir un chez soi, en soi, est extrêmement important.

Et nous avons également le projet de bâtir une école attenante où l’enseignement graviterait autour de la protection sociale. Parce que ce sont des questions qui sont anciennes mais, à la fois, elles sont également nouvelles sous le rapport où elles se présentent. Alors sur tout cela, nous avons avancé et on croit que le commerce que nous avons eu pendant une année, nous a permis d’affiner nos dossiers, d’avancer et de faire un gros effort sur la récupération des cotisations. Pratiquement l’essentiel des pays ou une bonne partie des pays sont à jour et là également, c’est un élément de satisfaction que nous pouvons mettre au compte de tous les pays membres de la CIPRES.      

Un an c’est beaucoup, mais c’est peu à la fois. Vous sortez avec un goût d’inachevé ou êtes-vous satisfait de ce qui a été fait ?

Je ne sors pas de cette candidature avec un goût d’inachevé puisque quand je prenais le témoin, c’était avec la claire conscience que nous sommes dans un processus. Un processus, on le conduit.  Il n’est jamais achevé parce que c’est la vie qui le commande.  En réalité j’ai simplement le sentiment d’avoir participé à une entreprise et au fond en n’étant plus président en exercice, notre pays va continuer à être membre de la CIPRES et il va continuer à cheminer. Donc il n’y a pas du tout de goût d’inachevé.  Mais il y a simplement le sentiment d’avoir essayé d’assumer une responsabilité du mieux que nous pouvions en tant que pays et d’avoir apporté notre petite contribution et les félicitations que nous avons reçues valent comme étant des encouragements. Nous avons appris à côté de nos paires à essayer de conduire une chose qui ne nous appartenait pas à nous tout seul. C’est une expérience enrichissante.

Quels sont les chantiers prioritaires sur lesquels la CIPRES devrait se pencher ?

Nous avons convenu de mieux travailler le processus de renouvellement, disons d’un certain nombre d’instances ou même d’hommes, de ne plus attendre d’avoir simplement des sessions en soi pour pouvoir dire que voilà on fait appel à candidature. Mais puisque nous avons des dates que nous cantonnons dans le temps, des responsabilités que nous confions aux uns et aux autres. Nous nous sommes dit, par exemple que maintenant, il ne faut plus attendre la session du Conseil des ministres pour lancer les appels à candidature quand les modalités sont achevées parce que, ce que nous voulons éviter c’est les prolongations à l’infini. Ça c’est une avancée et une seconde avancée, c’est que nous ayons un gît, le fait que la CIPRES ait un siège est un élément important. C’est essentiel d’avoir un chez soi. Le siège sera au Togo. Il est presque au stade terminal du point de vue de sa réalisation.  Je crois que ça c’est important. Maintenant évidemment sur le FIA, comme je le disais, il faut que nous avancions. Il a quelques pays qui désirent venir participer à la CIPRES et qui ont des difficultés. Là encore, il faut les appuyer, les accompagner parce ce que plus nous ferons œuvre de solidarité sur l’échelle continentale, mieux ça devrait être.

Comme se porte globalement la protection sociale ?

Le bilan que nous en avons fait attestant de quelques progrès montre qu’Il y a encore beaucoup à faire. Nous avons encore beaucoup à faire du point de vue de la couverture, du champ, du spectre, mais au plan même des offres. Sous tous rapports, nous avons beaucoup à faire parce qu’il faut améliorer la condition des travailleurs africains qu’ils soient d’ailleurs des travailleurs du formel et même ceux de l’informel et ça c’est un énorme chantier.

Il a été également question des droits des travailleurs migrants, vous en êtes où exactement ?

C’est un peu la question de la portabilité des droits. Ça veut dire qu’un Sénégalais qui travaillerait au Mali devrait pouvoir jouir de ses droits même retourné au Sénégal et évidemment sur ça, il faut que nous avancions. que nous acceptions d’aller de l’avant dans le cadre de l’intégration parce que c’est de cela qu’il s’agit. Le projet il est là évidemment, ce sont les égoïsmes nationaux qu’il faut essayer de résorber. Chacun réfléchit sous l’angle suivant : j’ai beaucoup de travailleurs dans tel ou tel pays, j’ai intérêt à ce que cela se passe comme ça. Je n’en ai pas beaucoup là-bas et qu’est-ce que ça me coute etc. Il faut évidemment qui nous sortions de là. C’est une visée simplement supérieure qui nous mènerait à comprendre que l’intégration nous apporte un plus à nous tous.

Mercredi, 13 mars, 2019 - 14:00

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